A Difficult Choice
Show notes
In this episode, we meet Said, a young man from Chad, who decided to make a difference for his country. Having studied and lived abroad for many years, he co-founded the non-governmental organisation (NGO) Water4Chad, whose core mission is to provide sustainable access to clean water for communities across Chad. Half of this vast country covering 1.28 million square kilometres is desert. Chad has been severely hit by climate change, political turmoil and insecurity.
Through Said’s journey, his struggles and his successes, we learn about destiny, courage, responsibility and what home means—and how to be resilient in extremely challenging environments, where what seems impossible can become possible.
For more information, visit our project page on bicc – Bonn International Centre for Conflict Studies.
This podcast was developed within the framework of a joint project by the African Union (AU), the United Nations Department of Peace Operations (DPO) and bicc - Bonn International Centre for Conflict Studies. This project is generously funded by the German Federal Foreign Office.
The podcast is narrated by Claudia Breitung and Milena Berks. Many additional hands supported this project—both within the bicc project team and, even more importantly, through our local partners working on the ground in the Sahelian countries.
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Dans cet épisode, nous rencontrons Said, un jeune homme originaire du Tchad qui a décidé de changer les choses dans son pays. Après avoir étudié et vécu à l'étranger pendant de nombreuses années, il a cofondé l'organisation non gouvernementale (ONG) Water4Chad, dont la mission principale est de fournir un accès durable à l'eau potable aux communautés à travers le Tchad. La moitié de ce vaste pays de 1,28 million de kilomètres carrés est désertique. Le Tchad a été durement touché par le changement climatique, les troubles politiques et l'insécurité.
À travers le parcours de Said, ses difficultés et ses succès, nous apprenons ce que sont le destin, le courage, la responsabilité et ce que signifie le mot « chez soi », mais aussi comment faire preuve de résilience dans des environnements extrêmement difficiles, où l'impossible peut devenir possible.
Pour plus d'informations, consultez notre page projet sur bicc – Bonn International Centre for Conflict Studies.
Ce podcast a été développé dans le cadre d'un projet commun de l'Union africaine (UA), du United Nations Department of Peace Operations (DPO) et du bicc - Bonn International Centre for Conflict Studies. Ce projet est généreusement financé par le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères.
Le podcast est narré par Claudia Breitung et Milena Berks. De nombreuses autres personnes ont contribué à ce projet, tant au sein de l'équipe du projet bicc que, surtout, parmi nos partenaires locaux travaillant sur le terrain dans les pays du Sahel.
Show transcript
00:00:06: Nous sommes le vingt-vies novembre, deux mille vingt-quatre.
00:00:10: Le soleil matinale rechauffe à peine les routes sablonneuses de la ville, mais la chaleur arrive, comme toujours.
00:00:18: Cette fois-ci, nous ne sommes pas au Nigeria, mais au cœur du Sahel, dans la capitale du Chad, Jamena.
00:00:27: Je suis à l'extérieur de mon hôtel et j'attends mon ami Said, que je connais depuis de nombreux années, et dans l'histoire et d'un autre témoignage, de la force et de la résilience incroyable dans des circonstances difficiles.
00:00:44: Alors que nos épisodes précédentes ont exploré les personnes directement touchées par l'extrémisme violent au Nigeria, l'histoire de Said nous montrera une autre facette encore des défis du Sahel.
00:00:59: Comment de jeunes professionnels luttent contre les problèmes structurels qui créent les conditions d'un conflit et font de leurs mieux pour les prévenir à l'avenir.
00:01:11: Aujourd'hui, Saïd m'a dit qu'il m'a mené avec lui pour une mission humanitaire.
00:01:17: Saïd veut me montrer une partie de la ville que je ne connais pas encore.
00:01:22: Il me parle des femmes qui cassent des pierres utilisées pour construire des bâtiments.
00:01:27: Un travail difficile pour presque rien.
00:01:33: Je m'appelle Milena, chercheuse au Centre international d'études, Celui qu'en flit abonne, Et ceci est le podcast documentaire des Sahel Untold Stories of Resilience, comme pourrait traduire comme le Sahel non raconté, témoignage de résilience.
00:01:52: Je vais vous guider à travers cet épisode qui vise à partager les histoires personnelles de personnes vivant au Sahel.
00:01:59: Une région souvent décrite comme fragile, confrontée à un ensemble de défis divers tels que le changement climatique, la pauvreté et la présence de groupes extrémistes.
00:02:14: Bien que cela soit vrai, il y a toujours un autre côté de la médaille dont nous voulons vous parler.
00:02:21: Les histoires de résilience qui mettent l'accent sur le dépassement des défis.
00:02:27: Dans notre troisième épisode, nous rencontrons Saïd, un jeune Chadiens qui veut changer les choses dans son pays grâce à son ANG Water for Chad.
00:02:38: haut pour le Chad où il a déjà utilisé la technologie solaire pour fournir de l'eau à plusieurs milliers de personnes dans des régions récurrentes du pays.
00:02:50: Mais le travail n'est pas facile et les circonstances au Chad sont souvent désespérées.
00:02:56: Mais Saïd ne baisse pas les bras et nous allons découvrir aujourd'hui pourquoi.
00:03:06: Il arrive avec son prado blanc qui semble avoir déjà fait de nombreux voyages dans le désert.
00:03:12: C'est la voiture qu'il utilise habituellement pour partir en mission pour son ONG.
00:03:19: Saïd est heureux de me voir.
00:03:21: Il porte un cafetin bleu, clair et un foulard blanc traditionnel qui couvre vaguement son visage.
00:03:27: Il me dit, monte !
00:03:29: Et son visage d'ordinaire, plutôt sincère, s'illumine d'un sourire malin.
00:03:36: Sur le chemin du marché central, nous passons devant un immense panneau d'affichage.
00:03:41: Le visage de Mahamad Idris-Tébidno nous fixe.
00:03:45: Le président a nouvellement élu avec eighty-six pour cent des voix.
00:03:49: Mais beaucoup ne sont pas convaincus qu'un véritable changement se protègera.
00:03:55: La vie des gens en dîner reste difficile.
00:03:57: Fin, des artifications, inondations.
00:04:01: Les gens ainsi disent qu'ils ne peuvent pas compter sur la politique.
00:04:05: C'est pourquoi des gens comme Saïd et son père ont pris les choses en main en créant des initiatives locales telles que Waterford Chad, l'eau pour le Chad.
00:04:22: Nous avons une trentaine de minutes pour faire nos courses.
00:04:25: Mais d'abord, nous nous rendons au marché central, très animé, où l'on trouve à peu près tout la condition de savoir où chercher.
00:04:40: Allons-y !
00:04:54: Allons-y !
00:04:54: Ça va être marquant.
00:05:01: Bon, restons à faire.
00:05:10: En fait, il faut peut-être quatre-cinq paniers, là.
00:05:20: Ouais.
00:05:21: Et comme ça, on pourra les distribuer.
00:05:22: Sans problème.
00:05:23: Donc, chaque panier, on ne match pas à des tomates.
00:05:25: Peut-être ça ne reste pas très longtemps.
00:05:28: Peut-être des pommes de pierre.
00:05:44: Tu vas avoir un truc qui te remercie.
00:05:50: Je vais te mettre à l'ombre, là.
00:05:58: Quoi ?
00:05:58: Vas-y.
00:05:59: Tu fais des paniers à cinq cesserils.
00:06:08: Oui.
00:06:09: Oui.
00:06:10: Après le shopping, nous partons à la recherche des femmes.
00:06:14: Ouais, c'est ça.
00:06:16: Est-ce
00:06:25: que je suis déjà venue
00:06:26: ici, je pense pas.
00:06:27: Il y a plus d'autres chez moi, mais c'est en fin de date.
00:06:33: Et donc à quel cas c'est Pierre ici, après?
00:06:35: Elle est rentrée.
00:06:37: Elle est rentrée au marché ou?
00:06:39: Je ne sais pas, il y a des mecs là qui l'avaient cherché, par exemple.
00:06:42: Ça c'est... On a d'autres qui l'avaient cherché.
00:06:57: Ouais.
00:06:59: On tourne dans une rue secondaire et les voilà.
00:07:07: Des groupes de femmes qui cassent des pierres sous le soleil brûlant.
00:07:11: Le vêtement s'en couvert de poussière.
00:07:14: Si la vie est dure pour la plupart des habitants au Chad, elle est particulièrement pour les femmes.
00:07:20: Je le vois dans les femmes que nous voyons dans la rue ici.
00:07:23: Elles font un travail si difficile, caissant des pierres sous le soleil brûlant chaque jour, juste pour joindre les deux bouts.
00:07:32: Elles font preuve d'une formidable résilience face aux défis de la vie quotidienne.
00:07:37: Nous avons vu la même résilience chez notre protagoniste dans notre dernier épisode au Nigeria.
00:07:44: Une jeune femme, qui a été retenue captive par Boko Haram, mais qui a eu le courage de s'échapper et de surmonter les obstacles de la vie après Boko Haram tout en étant confronté à la stigmatisation au quotidien.
00:08:01: Il en va de même pour ces femmes que je vois devant moi et qui affrontent la vie avec tous ces obstacles.
00:08:18: Dans un instant, Nous allons leur apporter les sacs de nourriture.
00:08:22: Que Dieu soit avec vous, disent les femmes en nous saluant.
00:08:27: Et sans heureuse, cela pourrait couvrir au moins un mois de nourriture sur la table pour elles et leur famille.
00:08:43: C'est le
00:08:52: gâteau.
00:08:52: Merci beaucoup.
00:08:52: C'est une vraie chose d'effort.
00:08:55: Mais depuis le temps, je vais faire quelque chose avec toi.
00:08:59: Comme t'es jamais là.
00:09:01: C'est pas jamais,
00:09:02: non ?
00:09:03: Pas trop souvent.
00:09:04: Mais peut-être l'année prochaine, plus souvent, il y a une chambre.
00:09:08: OK.
00:09:09: Qu'est-ce que tu proposes ?
00:09:12: Là, on peut aller du côté
00:09:14: du bureau.
00:09:14: Ouais ?
00:09:23: Alors que nous laissons derrière nous les femmes qui cassent des pierres, je remarque un changement chez Saïd.
00:09:30: Cette rencontre semble l'avoir confronté dans une idée qu'il avait en tête.
00:09:35: Pourquoi il est retourné au Tchad alors qu'il avait toutes les chances de rester en Europe ?
00:09:41: Et pourquoi cela en valait la peine ?
00:09:45: Une fois les dons remis, nous nous rendons au bureau du frère de Saïd.
00:09:50: En chemin, nous nous intéressons de plus près à la situation actuelle d'un pays, que d'affaire face à tant de défis que le Chad.
00:09:59: Alors que les gens ont désespérément besoin d'aide, il arrive que des acteurs extérieurs interviennent dans le secteur de l'aide au développement et de l'aide humanitaire, ce qui a des conséquences inattendues.
00:10:12: Une motivation pour Saïd de prendre les choses en main.
00:10:16: J'ai un petit projet qui consiste à mettre des panneaux solaires.
00:10:21: et des équipes et un château sur un forage existant.
00:10:25: Le raison de Kimiti.
00:10:27: De plus de Goosebide.
00:10:30: Et donc on a fait un premier projet, ils en avaient marre parce qu'ils trouvaient personne de normal avec qui travailler.
00:10:37: Nous, on est partis là-bas, on a fait le creurot et c'était très content.
00:10:40: Moi, ils nous ont confié un deuxième petit projet maintenant.
00:10:42: C'est à côté de Korn Refugek.
00:10:48: Ils sont très très possibles.
00:10:50: Et tu t'es obligé de travailler un peu à perte parce que... ils ont les process de volidation et tout en bas en retard.
00:10:56: Oui,
00:10:56: c'est le fait.
00:10:57: C'est pas mal.
00:11:00: L'entreprise s'appelle Sahel Solar.
00:11:02: C'est
00:11:03: bon ?
00:11:03: C'est pas mal.
00:11:07: Ça c'est un message au
00:11:08: long.
00:11:09: Ok.
00:11:09: Il
00:11:13: y a des gens.
00:11:14: Ouais.
00:11:17: Surtout... là-bas en ce moment, avec la tonne de réfugiés qui sont là.
00:11:24: On va faire.
00:11:25: C'est vraiment...
00:11:28: C'est l'autre crise.
00:11:28: La détresse, quoi.
00:11:29: Ça, ça va être une crise.
00:11:31: Il m'a fait... C'est un peuple,
00:11:32: c'est ma crise.
00:11:35: Non.
00:11:35: Et ça fout, non?
00:11:36: C'est fou.
00:11:38: Ça y est de faire référence à une discussion que nous avons eue précédemment sur des acteurs humanitaires qui ont affirmé que la crise au Soudan était leur crise en disant que c'était à eux d'intervenir et non aux autres acteurs.
00:11:53: Cela se ligne des effets parfois pas verts que peuvent avoir des interventions d'acteurs externes dans les zones de crise où les acteurs se battent entre eux pour un mandat d'intervention et surtout pour le financement.
00:12:06: C'est fou.
00:12:08: La personne ne dit ça, mais elle n'a pas un recul minimum par rapport à ce qu'elle dit.
00:12:11: Pas du tout, non ?
00:12:11: Non, c'est tout.
00:12:14: Non, elle était là, elle était un peu choquée parce qu'elle n'en comprenait pas, en fait,
00:12:18: qu'est-ce qu'elle se passe ?
00:12:19: Le penser à quelque chose et de dire à voix haute comme ça, c'est con.
00:12:23: C'est
00:12:23: ouf, quand même.
00:12:26: Mais ça montre à quel point ils sont dans leur monde, il y a ce bord.
00:12:35: Je connais le jeu vidéo qui s'appelle The Sims.
00:12:37: Dans
00:12:39: quel temps qu'ils parlaient des politiciens français, ils disaient mais pour eux on est The Sims, tu vois.
00:12:44: C'est
00:12:44: ça.
00:12:45: Je pense que des fois c'est un peu ça, non?
00:12:46: Oui c'est ça.
00:12:47: Tu t'aimes à détacher, tu penses que c'est pas un monde irréel dans lequel tu agis.
00:12:55: Mais au final c'est la réalité.
00:13:01: C'est des gens comme toi
00:13:02: et moi.
00:13:04: Il y a une statistique pour eux.
00:13:12: Les inégalités, c'est un truc à plusieurs paramètres.
00:13:16: Quel que soit le dégoût, le fait que je ne valide pas le travail des humanités, c'est à l'état de faire ça.
00:13:25: C'est pas à notre état de venir arranger le pays, arranger la crise, etc.
00:13:31: Comment tu verras si une ONG indienne vienne pour aider les Allemands chez vos... à Francfort, tu vois.
00:13:39: C'est ridicule.
00:13:43: Nous, on a payé pétrole et normalement on peut se développer tout
00:13:45: seul.
00:13:45: Il est vrai que l'économie du Tchad est alimentée par le pétrole et l'agriculture.
00:13:51: L'essentiel des recettes d'exportation provient du pétrole.
00:13:56: En demie-vinte-deux, la production pétrolière du Tchad sera d'environ... cent vingt-quatre mille barils par jour et la tendance est à la hausse.
00:14:06: Et ce n'est pas tout.
00:14:07: Le Chad a exporté pour huit cent soixante-seize millions de dollars d'or, ce qui en fait le cinquante-neuvième exportateur mondial.
00:14:18: La même année, l'or était le deuxième produit le plus exporté au Chad.
00:14:23: Les principales destinations des exportations d'or du Chad sont les Emirats Arabes Unis, l'Allemagne, Le Tchad dispose également de ressources en Iranion, notamment dans la région du Nord, du Tibesti, également en proie à des conflits récurrents.
00:14:40: Mais malgré toute ces richesses, les dix-huit millions d'habitants du Tchad ne gagnent en moyenne que six cents dollars par an.
00:14:50: Le taux d'alphabetisation n'est que vingt-sept pour cent et seuls six point vingt-cinq pour cent en taxés à l'eau.
00:14:58: Je peux comprendre la frustration de Saïd et souhaiter que le gouvernement prenne plus de responsabilités et réduise de manière significative à dépendance vis-à-vis de l'étranger.
00:15:11: Toutefois, comme ce n'est pas le cas, l'action extérieure sauve des vies, mais déresponsabilise aussi le gouvernement, un cercle vicieux.
00:15:22: En parlant d'eau, une personne travaillant sur l'un des projets de Saïd à Ghosbeida, dans l'est du Chad, à la frontière avec le Soudan, a appelé pour lui faire l'état de l'avancement du projet.
00:15:36: Ce n'est pas une chose facile à faire avec une connexion téléphonique défaillante.
00:16:00: La connexion est mauvaise et s'interrompt à plusieurs reprises.
00:16:04: Je comprends à quel point il est difficile de gérer des projets à distance, sans électricité, sans bonne connexion téléphonique, Cela semble presque impossible, mais il se débrouille quand même.
00:16:17: La conversation téléphonique entre Saïd et Ousmane révèle des frustrations quotidiennes liées à la gestion de projets à distance.
00:16:25: Barrières technologiques, retards bureaucratiques et erreurs de communication qui mettraient à l'épreuve la détermination de n'importe qui.
00:16:35: Cependant, ce qui est admirable, et cela ressemble beaucoup à notre premier épisode.
00:16:41: C'est le sens de la responsabilité au niveau individuel.
00:16:45: Si vous ne pouvez pas changer le monde, vous pouvez essayer de le faire à votre niveau.
00:16:51: Si tout le monde le faisait, les changements seraient plus importants.
00:16:54: Je sais, si on fait une ONG, une association, un truc dans le domaine de l'accès à l'électricité, on est partis pour vingt ans de travail ici.
00:17:04: Juste aller, comment dire, électrifier.
00:17:06: Elle est dispensée à des écoles, des mosquées ou des trucs.
00:17:10: Je te jure que ça va complètement dépasser.
00:17:14: Et tu sors de Djamena et moi à l'électricité.
00:17:16: Djamena déjà.
00:17:18: C'est clair, mais il faut commencer quelque part, n'est-ce pas?
00:17:22: Petit à petit, on peut arriver à quelque chose.
00:17:31: Moi, t'as fait ton possible.
00:17:32: Hein?
00:17:33: Un moment, t'as fait ton possible.
00:17:34: N'est-ce pas?
00:17:35: C'est ce que j'ai expliqué à la famille et tout.
00:17:37: Je dis, écoutez, je cherchais pas à faire des grandes choses.
00:17:39: Personne n'a hâte de faire des grandes choses.
00:17:41: Mais tu prends un gosse, tu les prends en charge, tu les mets à l'école et... Il est diplômé, ça c'est ta contribution.
00:17:46: Non c'est pas.
00:17:46: Tu veux être quelqu'un à faire de l'agriculture, c'est ta contribution.
00:17:49: Tu veux être quelqu'un en vraie alimentation, c'est ta contribution.
00:17:51: Tu cherchais pas à faire des gros choses parce que... C'est trop difficile.
00:17:54: Il y a un truc à prendre,
00:17:55: tu vois.
00:17:57: Non c'est pas.
00:17:58: Je pense.
00:18:00: Non c'est pas.
00:18:02: Vendu que tu restes à la maison, tu dis que non, tout ça ça sert à rien, je fais rien.
00:18:07: C'est souvent, n'est-ce pas...
00:18:09: C'est le discours, en tout cas chez nous, question de cliva, etc.
00:18:14: Oui, mais à quoi ça sert, que moi, petite homme, que moi je fasse les choses différemment, il faut que ça soit plus grand, donc moi je peux rien faire.
00:18:25: Mais si tout le monde dit ça, rien change.
00:18:28: Mais si tout le monde va dire que je vais faire un peu, tout d'un coup il y a changement, parce qu'il y a une masse de personnes qui font quelque chose.
00:18:51: Donc, rester mobile.
00:19:05: Ce que dit Said est tellement vrai.
00:19:09: Le problème de l'action collective et que si personne ne commence, il n'y aura jamais de changement.
00:19:15: Chacun peut donc apporter une petite contribution dans l'espoir que l'union fait la force et que la somme de toutes les petites actions produira un changement.
00:19:26: C'est ce que Saïd essaye de faire et c'est ce que nous essayons de faire avec notre travail, faire la différence.
00:19:39: Nous arrivons au bureau, garons la voiture et allons prièvement voir le frère de Saïd.
00:19:45: Puis nous allons nous promener au bord de la rivière de Fleuve Chari pour discuter plus longuement.
00:19:52: Alors que nous marchons, le lendemain des berges de la rivière Chari, Zahid me raconte qu'il a laissé derrière un emploi stable à Paris.
00:20:02: Mais chaque fois qu'il voit une mer pusée de l'eau propre à l'aide d'une pompe solaire, il sait qu'il a fait de bon choix.
00:20:11: C'est pourquoi, dit-il, Quelque soit la chaleur ou le chaos qui règne dans la ville de chez lui, il continuera à travailler.
00:20:20: C'est ce que mon père aurait voulu, me dit-il.
00:20:24: Moi avec ma famille, on a un itinéraire inverse de la majorité des Africains, c'est-à-dire qu'on a grandi hors de l'Afrique et on a décidé qu'il fallait rentrer.
00:20:33: Aujourd'hui, la majorité des jeunes, ce sont des gens qui ont grandi ici, qui sont nés ici, et qui veulent s'expatrier.
00:20:39: Et donc nous, Après avoir passé des années au Moyen-Orient et en Europe, on s'est dit il faut que certains d'entre nous rentrent.
00:20:47: On ne voit pas tous rester en Europe parce que chacun a une responsabilité et aussi des impératifs au niveau de la famille.
00:20:57: Donc rester en Europe pour son propre confort, ce n'était pas une solution.
00:21:01: Et là aujourd'hui, ça veut dire que mon frère et moi, on avait des situations professionnelles, stables, familiales, stables en Europe.
00:21:08: mais en étant ici, on est beaucoup plus utile à la communauté et à la famille que si on restait là-bas.
00:21:14: Après, ça peut être des choses toutes simples comme envoyer une personne de la famille se faire soigner ici, l'aider dans les soins, ça peut être mettre un enfant à l'école, ça peut être prendre un charge, un cousin, ça peut être former quelqu'un, ça peut être pas mal de choses et effectivement, un africain.
00:21:35: qui a eu notre parcours et un peu l'expérience à l'étranger, il sera plus utile en Afrique que en restant en Europe, je pense.
00:21:44: Et c'est aussi une façon de rassurer les parents parce que les parents, ils ont vraiment quitté l'Afrique pour qu'on revienne avec des conditions meilleures, mais pas pour qu'on s'éternise là-bas en fait.
00:21:54: Donc c'est ça la trajectoire.
00:21:56: Ce que dit Said m'impressionne vraiment.
00:21:59: Faire un sacrifice peut être plus utile, mais aussi revenir à l'essentiel pour créer les meilleures conditions.
00:22:06: pour les générations futures.
00:22:08: La responsabilité joue ici un rôle important, non seulement pour soi-même, mais aussi pour le bien de la société et de ceux qui viendront après nous.
00:22:19: Ce sont les populations qui vivent principalement de l'agriculture, l'élevage et le commerce.
00:22:25: Comme on est dans le désert, ça veut dire qu'on se déplace avec des dromadaires, ça veut dire qu'on vit dans des maisons en terre.
00:22:33: ça veut dire que les gens font du commerce de détails et il y a eu les dernières années une désertification accrue et croissante dans la région du nord du Tchad et ça a changé non seulement la démographie mais aussi la situation économique des gens parce que là où il y a le désert, il y a moins d'agriculture, d'élevage et donc économiquement les populations se sont un peu appauvrées.
00:23:00: Donc là, tu essaies un peu
00:23:01: d'apporter ta pierre à l'édifice à travers ce que tu fais, maintenant
00:23:14: ?
00:23:14: Et initialement, moi, j'ai étudié la construction et le bâtiment.
00:23:18: J'ai travaillé en Europe, en France, j'ai travaillé aux États-Unis.
00:23:21: Et une dizaine d'années, j'ai décidé de rentrer chez moi pour travailler en Chad, en faisant beaucoup, beaucoup de sacrifices parce que ce n'est pas les mêmes conditions de travail, ce n'est pas les mêmes projets.
00:23:33: Et donc malgré ça, j'ai pris sûrement un patienté et je commençais à travailler pas mal dans le milieu de la construction.
00:23:41: Et au bout de quelques années, les projets de construction avec la crise économique ici se sont arrêtés.
00:23:46: Donc on s'est tourné vers les activités humanitaires, notamment le domaine de l'eau.
00:23:51: Saïd a parcouru un long chemin pour arriver là où il est aujourd'hui.
00:23:57: Comme dans nos derniers épisodes au Nigeria, il lui a fallu beaucoup de courage et d'autres disciplines pour faire un choix difficile comme celui-ci.
00:24:06: Et aussi, la création de Water for Chad, l'eau pour le Chad, n'a pas été facile, comme Saïd me le dit ensuite.
00:24:15: Et on a créé une organisation dans le domaine de l'eau en faisant des forages, des pompes manuels au début à Anjamena.
00:24:22: Et petit à petit, on s'est focalisé sur les zones rurales, en créant des châteaux d'eau, avec des panneaux solaires, avec des réservoirs.
00:24:32: Et aujourd'hui, lorsqu'on fait un projet, on peut avoir deux mille bénéficiaires d'un point d'eau, alors qu'on a commencé avec des forages manuels qui bénéficiaient à deux cent personnes, trois cent personnes.
00:24:43: Et on a appelé la structure Waterfordchad et c'est une bénédiction pour nous et aussi pour les populations.
00:24:51: Après nous, ce qu'on a en plus, c'est la rigueur qu'on a pu obtenir en étant des professionnels qui ont travaillé en Europe, une certaine façon de travailler.
00:25:02: On a appris une certaine façon de travailler aux Etats-Unis aussi.
00:25:06: Et quoi d'autre.
00:25:08: Et aussi la technicité, oui.
00:25:09: Parce que ce que j'ai pu apprendre dans le bâtiment, je peux aussi m'en servir dans le domaine de l'eau.
00:25:15: Notamment l'électricité, le solaire, le photovoltaïque.
00:25:19: Donc je pense qu'on fait quelque chose d'intéressant.
00:25:22: Et toi, comment as-tu entendu parler de notre NGO?
00:25:24: ?
00:25:25: Ben, à travers toi.
00:25:26: Tu sais, je ne connaissais pas avant.
00:25:36: Moi, j'ai rencontré ton papa.
00:25:37: ou quand c'est plus la mauvaise voie, et tu as un bon tessement de tête.
00:25:40: Et je trouve ça très intéressant.
00:25:42: En plus, tu vois, je ne dis pas que c'est étonnant, mais peut-être beaucoup qui ont la possibilité d'aller à l'étranger, n'est-ce pas, qui vont peut-être pas faire la même chose que toi, de dire je veux revenir,
00:25:57: je
00:25:57: veux faire quelque chose ici.
00:26:00: Donc ça veut dire que c'est pas tant qu'heur.
00:26:04: Est-ce que tu es au Tchad ?
00:26:07: Ma responsabilité au Tchad, et après le cœur vient aussi, ça c'est sûr.
00:26:10: Mais disons que moi avant de rentrer au Tchad, il y a une période, j'habitais à Miami, en Confloride, dans un des états où les conditions de vie sont des mailleurs.
00:26:21: Pour moi, je pense, mon frère travaille en Thaïlande.
00:26:25: Il a tout claqué pour venir travailler ici, donc c'est vraiment pas un choix facile à faire.
00:26:30: Parce qu'il y a des problèmes... que tu peux rencontrer ici, en Afrique, qui n'existent pas à l'étranger.
00:26:36: Les coupures d'eau, les coupures d'électricité, etc.
00:26:39: Mais malgré ça, c'est ici qu'on est utiles.
00:26:42: Il y a un preuve abarable qui dit qu'il vaut mieux vivre un jour comme un lion qu'en cent jours comme un chien.
00:26:49: Saïd se souvient de sa première semaine de retour à Anjamena.
00:26:53: Il y avait eu trois jours consécutifs de coupures d'électricité, les températures avaient dépassé les quarante-cinq degrés, et ses collègues européens lui envoyaient des courriels au sujet d'une échéance urgente.
00:27:05: C'est à ce moment-là que j'ai tout remis en question, admettis-le en riant, avec son sourire malin.
00:27:11: Mais ensuite, j'ai visité notre premier projet depuis HV et j'ai vu des enfants boire de l'eau propre pour la première fois.
00:27:20: C'est ce qu'il a fait que son retour était vraiment la bonne chose à faire pour lui.
00:27:26: On a décidé de rentrer et on regrette pas.
00:27:28: On a nos familles aussi aussi.
00:27:31: Et donc si jamais on doit repartir en Europe pour des visites ou pour une formation ou quoi, on peut rentrer parce qu'on est binational.
00:27:39: Et ça c'est une chance aussi par rapport aux autres.
00:27:43: Et on est vraiment privilégié par rapport aux autres Africains qui sont obligés de faire de l'aventure pour se retrouver en Europe où de toute façon il n'y a pas autant d'opportunités maintenant que avant.
00:27:57: C'est un privilège, c'est une chance.
00:28:00: C'est un point important.
00:28:02: Nombreux sont ceux qui aspirent à une vie meilleure ailleurs.
00:28:06: Être conscient et reconnaissant des privilèges accordés et les transformer en action ailleurs à un impact est une excellente chose.
00:28:15: Said explique que chaque projet commence d'abord par une campagne de collecte de fonds qui peut se faire par crowdfunding ou avec un collaborateur ou une organisation.
00:28:26: Ensuite, La zone géographique est sélectionnée et le vrai travail commence.
00:28:32: Et troisièmement, lorsqu'on arrive à amener bien une campagne de crowdfunding, une campagne et que le budget est suffisant, on se rend dans un village qui manque d'eau et on crée un forage.
00:28:43: Et ce forage-là, on va l'équiper avec des panneaux solaires, un réservoir.
00:28:46: Et non seulement on assure que l'eau qu'on creuse est potable.
00:28:51: Deuxièmement, on va cibler des villages dans lesquels les populations n'ont pas accès à l'eau facilement.
00:28:57: Le village sur lequel on a intervenu la dernière fois, les femmes étaient obligées de se déplacer environ deux kilomètres, aller deux kilomètres autour, pour aller chercher de l'eau dans des bidons et rentrer chez elles.
00:29:10: Et ça, elles le font tous les jours.
00:29:13: Il faut plus sages que la majorité des populations et des communautés au Tchad.
00:29:20: dans cette majorité de communautés, ce sont les femmes qui vont chercher de l'eau.
00:29:23: Ce n'est pas un travail pour les hommes.
00:29:25: Les hommes sont appelés à d'autres tâches.
00:29:27: construire, travailler, faire le commerce, s'occuper du bétail, etc.
00:29:32: Mais la tâche de ramener de l'eau à la maison, c'est une tâche qui concerne les femmes.
00:29:36: Moi, je peux avoir dans ma famille des cousines qui passaient deux heures par jour, aller chercher de l'eau et deux heures pour revenir.
00:29:43: Donc même en volume horaire et en temps de vie perdu, c'est vraiment conséquent.
00:29:48: La répartition des rôles entre les hommes et les femmes a un impact significatif ici.
00:29:53: Ou, dans de nombreuses communautés, la corvée d'eau et le rôle des femmes.
00:29:59: Cela signifie que le fait de disposer d'eau potable à une distance plus courte à un impact significatif sur la vie des femmes, leur permettant de consacrer de temps à d'autres tâches et d'améliorer leur qualité de vie.
00:30:13: Saïd explique également comment fonctionnent les nettoyages de l'eau.
00:30:17: Deuxièmement, l'eau qu'elles vont aller chercher, il arrive que ce soit pas suffisamment en quantité suffisante ni en qualité.
00:30:25: suffisamment bon pour la consommation humaine, mais elle n'ont pas le choix.
00:30:28: Donc nous, lorsqu'on arrive, on apporte ces solutions-là.
00:30:31: On implemente un point d'eau très proche dans le village ou très proche du village.
00:30:37: Et deuxièmement, on s'assure que l'eau est potable parce qu'on travaille avec le laboratoire national de l'eau, ici en Jamena.
00:30:43: Donc on prélève un échantillon, on fait des tests chimiques et des tests bacteriologiques et le laboratoire nous donne un résultat sur la potabilité de l'eau.
00:30:54: en suivant les règles et les normes de l'OMS.
00:30:58: Et là, automatiquement, les populations concernent de l'eau, donc il y a moins de cas de maladies hydriques, et c'est un plus pour la santé globale de la communauté qu'on a ciblée.
00:31:12: Saïd ne parle ensuite de l'un de ses projets les plus mémorables, un projet qui n'oubliera jamais et qui restera toujours son préféré, dit-il.
00:31:24: Il y a un projet qu'on a fait dans un village qui s'appelle Kurtjujulum.
00:31:28: Kurtjujulum, c'est un village qui est à l'est de Mao, au nord-est de Mao, et c'est un village dont la communauté là-bas est une communauté au regard des chadiens, est une communauté socialement défavorisée.
00:31:43: Donc c'est une communauté dans les hommes.
00:31:45: Toutes, sans exception, se lèvent de ce village-là pour aller travailler toute la journée et rentrer le soir.
00:31:50: Et les femmes sont appelées à des tâches ménagères, à aller chercher de l'eau.
00:31:53: Et c'est une communauté sans eux qui ne ressource.
00:31:56: C'est un village entier dans lequel il n'y a pas de cadre, il n'y a pas un seul militaire, il n'y a pas un seul ancien ministre, il n'y a pas un seul commerçant.
00:32:02: Donc c'est une communauté qui, typiquement, n'avait aucun espoir et ne pensait même pas avoir de l'eau.
00:32:08: Et donc moi, c'est vraiment de la famille qui m'a parlé de ce village-là.
00:32:14: et qui m'a expliqué que c'est une population tellement défavorisée qu'il ne pense même pas qu'un jour ils auront de l'eau.
00:32:20: Et nous, on a fait une campagne de cloudfunding qui a duré à peu près un an et demi.
00:32:28: On a quand même parti réaliser là-bas un château d'eau avec des panneaux solaires en plein de saisons chaudes, en plein milieu du mois de ramadan.
00:32:37: Non, pardon, deux jours avant le ramadan.
00:32:39: Donc tout le monde était très très euphorique, l'immame du village, les femmes, les enfants, c'était vraiment quelque chose, d'autant plus qu'ici attendez pas.
00:32:51: Et donc on leur a fait ce cadeau-là et on remercie encore les donateurs qui nous ont aidés sur ce projet-là.
00:32:57: Et il y a un homme qui a eu un fils qui l'a appelé Saïd.
00:33:03: par rapport au fait que... J'étais une des causes qui a fait que son village a de l'eau maintenant.
00:33:11: Et c'est le cinquième, c'est pas mal déjà.
00:33:15: L'anecdote de Saïd montre à quel point son travail a changé, la vie, et a eu un impact.
00:33:22: Même des enfants portent son nom dans des villages où l'eau potable coule maintenant.
00:33:27: Je plaisante et dit qu'il y aura beaucoup de Saïd un jour au Tchad.
00:33:32: Saïd rit et dit Insha'Allah.
00:33:35: Entre temps, J'aimerais savoir quels sont les principaux défis du travail.
00:33:40: Et s'il ne ne s'est pas déjà dit, je vais tout laisser tomber.
00:33:44: C'est trop dur.
00:33:45: Ça y est d'expliquer que les relations sont très importantes et que son organisation a gagné en autorilité et en soutien au fil des ans.
00:33:56: Les défis sont plusieurs, premièrement, jusqu'au village.
00:34:02: Je travaille de façon anonyme.
00:34:04: Je me rendais dans les villages sans forcément me présenter.
00:34:08: Surtout dans le nord du Tchad, il faut que tu saches que globalement au Tchad, personne n'est anonyme.
00:34:14: C'est-à-dire que quand tu rencontres un individu, tu vas lui demander c'est le fils de qui, il fait partie de quelle ethnie, quelle population, et on va toujours te raccrocher à un individu qui est connu dans tout le monde.
00:34:24: Soit par la famille, soit par la profession.
00:34:28: C'est-à-dire que là on est au Radisson, je peux rencontrer une personne qui va travailler au Radisson.
00:34:37: Et je vais lui demander qui c'est.
00:34:39: Et au bout de quelques questions, il sera forcément le cousin d'un ministre en fonction, le neveu d'un commerçant.
00:34:47: Donc personne n'est vraiment anonyme.
00:34:49: Et si tu veux, moi, volontairement, les premières années où je travaillais, j'étais anonyme.
00:34:55: Donc les gens, ils ne savaient pas spécialement qui j'étais, ce que je faisais.
00:34:58: Mais depuis ce projet-là, les messages s'est rependus dans la zone du Canais, mais aujourd'hui.
00:35:04: J'ai beaucoup de familles qui me sollicitent, beaucoup de personnes de l'entourage qui me sollicitent.
00:35:08: Et aujourd'hui, seulement dans la zone du Canem, j'ai quarante-trois villages qui nous ont demandé des pindos.
00:35:15: Ça, c'est au Canem.
00:35:17: Et au niveau du Tchad, on a quasiment une soixantaine ou soixante-dix villages qui ont fait des demandes écrites, motivées pour avoir de l'eau au niveau de Waterfall Tchad.
00:35:27: Donc le défi est simple.
00:35:28: C'est que nous, on est une organisation qui n'est pas gigantesque.
00:35:31: On n'a pas... On n'a pas la force de frappe d'un gouvernement ni d'une organisation internationale.
00:35:38: Donc, moi ce que je fais maintenant, c'est développer suffisamment l'ONG pour qu'on puisse avoir des fonds et qu'on puisse travailler avec des bailleurs pour fournir de l'eau parce que la demande est là, tout simplement.
00:35:48: On a juste besoin d'être accompagné par des bailleurs qui s'intéressent à ce qu'on fait, à notre projet, et qui sont sensibles aussi à la cause du monk d'eau.
00:35:57: Et est-ce
00:35:57: qu'il y avait des moments pour toi où Tu t'es dit, est-ce qu'il faut pas bien d'arrêter ?
00:36:01: Et qu'est-ce qui t'empêche de faire ?
00:36:11: Premièrement, ce qui m'empêche de faire, c'est que c'est une activité utile.
00:36:15: Deuxièmement, c'est une activité dont les aboutissants et les résultats sont immédiats.
00:36:21: Si tu fais un projet dans le domaine de l'enseignement ou de l'agriculture, il faut quelques années pour avoir les résultats.
00:36:28: Le forage sur lequel tu as assisté, une fois que le forage est réalisé au bout de la même journée ou le lendemain, les personnes ont déjà accès à l'eau potable, donc les résultats sont immédiats.
00:36:38: Les personnes un peu impatients comme moi, c'est une bonne chose.
00:36:43: Après, le fait d'être découragé, c'est normal, mais je pense que modestément en Afrique, on a un mental qui est assez fort, qui fait qu'on endure beaucoup plus que les autres.
00:36:54: Les preuves, c'est que... Personne que je connais utilise des antidépresseurs.
00:36:59: Il n'y a pas de suscite.
00:36:59: Ça ne veut pas dire qu'on n'a pas de soucis.
00:37:02: Ça veut dire qu'on légère différemment, c'est tout.
00:37:04: Et après, bon, il y a la foi, tout ce qui est de l'espiritualité, ça aide.
00:37:07: Mais globalement, c'est ça.
00:37:09: Et pour être découragé, c'est pas facile.
00:37:12: Aujourd'hui, j'ai eu deux appels en absence de personnes qui demandent de l'eau.
00:37:18: Par semaine, ça peut être quatre ou cinq personnes.
00:37:20: Et dans l'année, c'est des centaines d'appels.
00:37:23: Mais bon, c'est... C'est la responsabilité.
00:37:26: et comme on a choisi d'être dans ce domaine-là, il faut accepter ce jeu-là aussi.
00:37:31: Je ne peux qu'imaginer à quel point il doit être déchirant de recevoir ses appels et de ne pas être en mesure d'aider tout le monde.
00:37:40: Avoir un esprit fort et surtout la foi et la spiritualité sont des aspects importants lorsqu'il s'agit de ne pas perdre la foi.
00:37:49: Mais je me demande s'il n'y a pas aussi des facteurs structurels qui peuvent ou devrait aider.
00:37:56: Ça aide à expliquer que le soutien international est essentiel et que son organisation peut reprendre à ce que les gens veulent accomplir, mais ne trouve pas de partenaire digne de confiance sur le terrain.
00:38:09: Mais on s'est rendu compte que à l'octranger, surtout, il y a des gens qui veulent faire des bonnes actions, mais ils ne trouvent pas les bons interlocuteurs, du moins les interlocuteurs, à qui ils ont confiance.
00:38:20: Et c'est là qu'on joue, en fait, tout simplement.
00:38:23: avec de la transparence sur les projets.
00:38:25: En fait, un projet, on donne les coordonnées GPS, on envoie les factures si la personne le souhaite.
00:38:31: L'ONG est américaine, donc on est reconnu par l'État du Texas, on paye les impôts ou les taxes qu'on a payées aux États-Unis.
00:38:42: On a ce qu'ils appellent Transparency, c'est Platinum Seal of Transparency, auprès de l'organisme qui gère les ONG.
00:38:51: et on est fiers.
00:38:55: donc moi j'ai mon travail à côté et les personnes qui m'accompagnent dans ce projet ont tous un travail à côté.
00:39:01: donc c'est vraiment pour faire une bonne action.
00:39:02: c'est pas avec ça qui nous motive pour.
00:39:05: l'instant.
00:39:06: Enfin j'interroge Said seul lien entre son travail et la vie en Europe.
00:39:12: Pourquoi les gens qui se trouvent à démulier des kilomètres devraient-ils s'en préoccuper ?
00:39:18: Ok, est-ce que tu es familier avec l'effet papillon?
00:39:21: ?
00:39:23: D'accord.
00:39:24: Donc en gros, pour résumer, un jeune africain qui n'a pas d'eau dans son village, c'est un jeune africain qui va finir quelque part à Paris, au feu rouge, dans les difficultés économiques, ou quelque part en Europe, à essayer d'améliorer sa situation, parce que lorsqu'il n'y a pas d'eau, il n'y a pas de vie, il n'y a pas d'agriculture, donc il n'y a pas d'économie.
00:39:49: Il n'y a pas les outils pour qu'une personne, un jeune homme puisse vivre dignement en Afrique, donc il part à l'étranger.
00:39:56: pour essayer d'avoir un avenir meilleur avec tous les risques que ça comporte.
00:39:59: Donc en gros, une personne qui peut rester chez elle dans un village qui est viable avec des infrastructures minimales, de l'eau, du soin, une école et une possibilité de travailler et rester dignement.
00:40:13: Ainsi,
00:40:14: dans un monde globalisé, les choses sont étroitement liées.
00:40:18: Vivre dans la dignité permet d'éviter la souffrance, l'immigration et les dynamiques politiques et socio-économiques que nous observons aujourd'hui.
00:40:28: Contrairement aux idées reçues, Said explique que de nombreuses personnes ne veulent pas quitter leur pays d'origine et ne se sentent pas non plus les bienvenus ou chez elles dans d'autres partis du monde, y compris en Europe.
00:40:42: Moi,
00:40:42: les personnes que je connais qui sont partis en Afrique, elles ne sont pas contentes.
00:40:45: Elles sont partis à contre-coeur parce que l'un a une famille à nourrir.
00:40:50: L'autre a étudié, mais il n'y a pas d'opportunités.
00:40:52: L'autre, Asième, est ambitieux.
00:40:54: Le quatrième est un génie.
00:40:55: C'est que des profils comme ça.
00:40:57: Donc il faut traiter le problème à la source et la source, c'est rendre le pays viable ici.
00:41:02: À Trayant.
00:41:03: Et si le pays est suffisamment à Trayant, les gens ne partiraient pas.
00:41:10: Je pense que tout est lié en fait.
00:41:11: Si le pays à Trayant est viable, les populations ne vont pas sortir.
00:41:15: Moi qui ai vécu longtemps à l'étranger, c'est dur pour un africain de quitter son cercle social ici.
00:41:22: Le dynamique social là-bas sont différents.
00:41:24: Ici, je suis entouré de mes cousins, de ma famille.
00:41:28: Je connais mon commerçant, je connais mes voisins.
00:41:31: En Europe, je suis resté une dizaine d'années en France.
00:41:33: Ma voisine de palier, je la connais pas.
00:41:34: Pourtant, on est sur le même palier depuis des années.
00:41:37: On se tutoie pas, on se vous voit, tu vois.
00:41:39: Donc, c'est des choses comme ça.
00:41:42: Le côté social a quitté l'Europe, j'ai l'impression.
00:41:46: Nous, il y a encore les interactions sociales ici.
00:41:48: Ça a peut-être changé, mais pour l'instant... C'est plus agréable ici, malgré les difficultés.
00:41:55: Ce que dit Said me fait réfléchir.
00:41:57: Les relations sociales sont essentielles.
00:41:59: Les sources d'un pouvoir et d'une énergie énorme pour nos vies est ce que nous pouvons faire ?
00:42:05: Ensemble, nous sommes plus forts que seuls.
00:42:09: Ou, comme le dit ce vend un ami, un seul doigt ne peut pas se levier un caillou.
00:42:15: En fait, un situation positive que tu vois, c'est plutôt... Comment on dit ?
00:42:22: Le verre a marché plein ?
00:42:25: Ou vite ?
00:42:26: Au lieu de prévu ?
00:42:30: C'est vrai.
00:42:31: C'est vrai, c'est vrai.
00:42:32: Donc, moitié pleins.
00:42:33: Moitié pleins, moitié vite.
00:42:36: Les deux.
00:42:36: Les deux ?
00:42:37: Ça dépend comment tu te projettes.
00:42:38: En tout cas, en tout souhaitant,
00:42:44: le meilleur.
00:42:45: Merci.
00:42:46: Est-ce que ça t'avait ça ?
00:42:48: Pour terminer notre conversation, Étant donné que Water for Chad, ou pour le Chad, dépend du soutien du public, je demande à Saïd comment nous pouvons les soutenir concrètement.
00:43:00: Justement, quand on parle de contribution, ça peut être tout et n'importe quoi.
00:43:05: C'est-à-dire qu'on fait aussi à l'appel de la contribution de la matière grise de chacun.
00:43:11: Donc aujourd'hui, un contributeur, ça peut être un graphiste qui va nous aider sur nos supports de communication.
00:43:18: Ça peut être incontable.
00:43:20: Ça peut être quelqu'un qui est spécialisé dans les relations internationales.
00:43:25: Ça peut être quelqu'un qui a des capacités rédactionnelles.
00:43:30: Un webmaster, etc.
00:43:34: Dans cette multitude de possibilités, il y a aussi les donateurs.
00:43:37: Mais nous, ce n'est pas ce qui nous intéresse le plus.
00:43:39: Ce qui nous intéresse, c'est le potentiel de chacun.
00:43:44: Une petite fille de quarante ans peut apporter à Waterford Shad.
00:43:47: plus qu'un homme de quarante-cinq ans qui cadre une entreprise en Allemagne.
00:43:52: C'est un appel clair à l'implication de toutes et de tous dans l'action collective.
00:43:58: L'argent n'est pas l'essentiel, mais il y a plein d'autres moyens de le faire.
00:44:02: Il suffit de le faire.
00:44:05: Après avoir discuté un peu plus avec le frère de Saïd, il me dépose à l'hôtel.
00:44:11: Alors que Saïd me fait ses adieux, je suis frappé de voir à quel point des gestes simples.
00:44:17: comme la livraison de quelques sacs de nourriture, ont un poids considérable ici.
00:44:22: Mais demain, nous nous dirigeons vers le Sud, où les enjeux sont encore plus importants.
00:44:28: Les pompes solaires et l'esprit communautaire se feront-ils ?
00:44:32: Nous le découvrirons la prochaine fois.
00:44:36: Saïd apporte une nouvelle pièce à notre puzzle d'histoire, de résilience, des rêves réalisés ou non, du courage civil et de sens de responsabilité pour les autres.
00:44:47: de lutte et de déception, mais avant tout d'espoir et de persévérance pour continuer à essayer et à ne jamais abandonner.
00:44:57: Nous vous invitons à découvrir d'autres histoires de ce type avec nous dans notre prochain épisode du Sahel Untold, le Sahel Nord à Comté.
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